vendredi 13 janvier

Dernier week-end en mer pour Armel Le Cléac’h et Alex Thomson. « Jusqu’au bout, il va falloir se battre ! », annonce le leader breton qui, pris dans une zone sans vent, a vu son avance sur son dauphin britannique fondre. Mais l’effet accordéon joue à plein et Armel devrait inverser la tendance dans les prochaines heures. Mais tout dépend à partir de quand Alex va être ralenti, et combien de temps… Après les passages de l’équateur de Jean Le Cam puis de Yann Eliès la nuit dernière, six concurrents naviguent dans l’Atlantique Nord, quatre dans l’Atlantique Sud et huit dans le Pacifique. Les prochains à franchir le cap Horn devraient être Fabrice Amedeo Arnaud Boissières, dimanche après-midi, suivis peu après d’Alan Roura et de Rich Wilson. 

Armel Le Cléac’h : « Je ne vais rien laisser passer ! »

Armel ? Alex ? Qui sera le premier à s’amarrer au mythique ponton du Vendée Globe, à Port Olona ? La date d’arrivée des deux premiers se précise, ce sera probablement jeudi prochain, le 19 janvier. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Alex Thomson (Hugo Boss) s’apprêtent donc à vivre leur dernier week-end en mer. Il reste six jours de course. C’est court à l’échelle d’un Vendée Globe mais suffisamment long pour que des rebondissements surviennent.

Il y a quatre ans, Armel tenait le rôle de chasseur, dans un duel épique face à François Gabart qui l’avait finalement emporté avec 3 heures et 17 minutes d’avance. Cette fois, Armel est bien le concurrent chassé par le redoutable Alex. Et il est possible que l’écart à l’arrivée soit encore très faible entre les deux leaders. Ce vendredi 13 janvier n’a pas souri à Le Cléac’h qui a buté dans une zone sans vent et a donc sérieusement ralenti tandis que Thomson a aligné de meilleures vitesses. Mais la tendance devrait s’inverser puisque le Britannique devra à son tour négocier une zone de transition quand Armel reprendra de la vitesse… Mais quand Alex va-t-il ralentir ? Et combien de temps ? « Alex s’accroche bien, il a une météo plus favorable depuis le cap Horn. On commence à avoir l’habitude de ce yo-yo, ça aurait pu être plus simple mais c’est comme ça », analyse Armel.

© Amory Ross / Ocean Masters

Final sous haute tension

Le scénario pour la fin de parcours se précise : un vent d’Est faiblard jusqu’aux Açores, puis des conditions plus soutenues pour aller au large de la Bretagne, et un centre anticyclonique à traverser juste avant l’arrivée aux Sables d’Olonne ! Stressant… Armel Le Cléac’h : « Jusqu’au bout il va falloir se battre, ça  me met une pression supplémentaire mais je suis à fond, je ne vais rien laisser passer ! » Paroles de double vainqueur de la Solitaire du Figaro !

Lui est triple vainqueur de cette épreuve : au large de l’archipel du Cap-Vert, Jérémie Beyou (3e sur Maître CoQ) a été le plus rapide de la flotte ces dernières 24 heures (336 milles). Il navigue dans les alizés de Nord-Est. Avec une avance de plus de 500 milles sur son premier poursuivant, Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Jérémie semble bien parti pour monter sur le podium aux Sables d’Olonne. Mais la prudence reste de mise à plus de 2500 milles de l’arrivée.

© Yvan Zedda

Dick, Le Cam et Eliès : l’Atlantique Sud à vive allure

Comme il l’espérait, Jean-Pierre Dick a passé le Pot au noir sans encombre. Signalons qu’il a réalisé le meilleur temps de l’histoire du Vendée Globe sur le secteur cap Horn-équateur en 13 jours, 03 heures et 59 minutes. Avant cette édition, le temps de référence était détenu par François Gabart en 13 jours, 19 heures et 29 minutes. « Incroyable, cela fait plaisir d’apprendre ça ! », s’est réjoui Jean-Pierre. « Je ne pensais pas avoir été le plus rapide car depuis le Horn les conditions météo ont beaucoup varié. Il a fallu s’activer. C’est une belle satisfaction ! »

Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir), qui ont franchi l’équateur la nuit dernière à 31 minutes d’intervalle, détiennent les troisième et quatrième meilleurs temps de l’histoire sur ce même secteur. Toujours lors de cette huitième édition, Alex Thomson avait réalisé le deuxième temps.

Il y a désormais six concurrents dans l’hémisphère Nord. Le prochain à franchir l’équateur sera Louis Burton (Bureau Vallée). Mais ce n’est pas pour tout de suite, puisqu’il est à plus de 1400 milles du but. Louis touche actuellement des alizés plutôt faibles.

Le Hongrois Nandor Fa (Spirit of Hungary) n’a pas vécu une journée facile car une belle dépression le secoue, avec des vents de 45 nœuds et plus… Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) et le Néo-Zélandais Conrad Colman (Foresight Natural Energy) sont passés derrière ce système et subissent eux des conditions moins fortes. Eric est passé à l’Est des Malouines, Conrad semble bien parti pour faire de même.

Le cap Horn en fin de week-end pour Amedeo, Boissières, Roura et Wilson

Pour le groupe de quatre (Amedeo, Boissières, Roura, Wilson) en approche du cap Horn, c’est ambiance « pot de départ dans les mers du Sud », comme le dit Fabrice Amedeo (11e sur Newrest-Matmut). Fabrice a gagné une place au détriment d’Arnaud Boissières (La Mie Câline) qui est parti dans une option Sud, le long de la zone d’exclusion, qui n’a pas été payante car il s’est fait piéger dans des calmes. Fabrice et Arnaud sont attendus au cap Horn dimanche après-midi.

Une belle dépression devrait les suivre jusqu’au Horn où ils seront suivis, probablement dans la nuit de dimanche à lundi, par le Suisse Alan Roura (La Fabrique) et l’Américain Rich Wilson (Great American IV). Ce sera le tout premier passage pour Alan. « Je pense qu’au fond, j’en ai tellement rêvé de ce cap Horn, que j’aimerais profiter à fond de la fin du grand Sud et de son passage », explique-t-il.

Didac Costa (One Planet One Ocean) et Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) sont à 2000 milles du dernier grand cap du tour du monde, mais certainement pas le moins attendu. Signalons enfin que Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) a aligné ses meilleures vitesses : 335 milles en 24 heures (vitesse moyenne : 14 nœuds). « Depuis le départ de Tasmanie j’ai repris 300 milles à Pieter Heerema, c’est une très bonne nouvelle ! », s’est-il réjouit dans une vidéo tournée au cœur de la tempête. Les conditions se sont calmées et Sébastien peut à nouveau souffler… Quant à Pieter Heerema (No Way Back), il est passé sous la barre des 10 000 milles restant à parcourir.

La semaine 10 du Vendée Globe en images!